Les objectifs ne devraient pas avoir pour but de mobiliser les collaborateurs mais de stimuler leur créativité. Nous en avons tous fait l’expérience : certains objectifs rendent bête, nous inhibent, ou ont des effets néfastes sur notre niveau de stress, notre motivation et notre efficacité.

Vous connaissez, bien sûr, les objectifs chiffrés hors d’atteinte, dont l’énoncé tombe comme une sanction : « Cette année, nous visons une croissance de 18%. » En renfort de ce grand classique, il existe aussi des objectifs « technicisateurs », cumulant les abstractions et tout aussi inatteignables :

« Notre objectif principal est d’atteindre l’excellence opérationnelle, grâce à notre démarche de qualité totale. » A une échelle plus locale interviennent les objectifs qui poussent à l’individualisme : « Chacun d’entre vous sera évalué en fonction du nombre de rendez-vous commerciaux réalisés. » Encore plus proche du quotidien des opérations, la famille des objectifs de micromanagement fait son apparition : « Vous devez poser ces neuf questions lors de vos entretiens commerciaux. En trente minutes maximum. »

Tous ces objectifs sont formulés pour s’assurer que les équipes sont mobilisées et que leurs efforts sont correctement orientés. Mais, dans la plupart des cas, ces objectifs engendrent du stress, de la démotivation, voire de l’exaspération. Ils coupent court à tout débat qui permettrait leur appropriation. Dans certains cas, ils génèrent même des comportements qui vont à l’encontre de l’intérêt collectif. Une chose est sûre : ils n’aident pas à donner le meilleur de soi-même. Au contraire, ils engendrent défiance, sentiment d’impuissance et/ou déresponsabilisation.

Stimuler l’ingéniosité
Dans des environnements toujours plus complexes, les entreprises qui s’en sortent sont celles au sein desquelles les équipes réussissent à être intelligentes, créatives et ingénieuses. C’est pourquoi la raison d’être d’un objectif ne devrait pas être de mobiliser (vos collaborateurs ne sont pas fainéants) mais de stimuler l’ingéniosité, de rendre intelligent au profit de l’organisation.

Imaginez-vous manager d’une équipe d’ingénieurs dans une entreprise de développement de logiciels. Vous missionnez trois développeurs pour améliorer l’interface d’une partie de votre logiciel phare. Ce groupe dispose d’un mois pour produire un premier prototype visant à répondre à une critique récurrente des utilisateurs : l’interface n’est pas assez intuitive. Quel objectif fixez-vous à ce groupe ? Vous pouvez lui fixer un objectif chiffré : « La production du prototype doit respecter une enveloppe de trente jours de développement. » Vous pouvez aussi vous appuyer sur des objectifs de micromanagement : « Passez de cinq à trois clics pour telle fonctionnalité. »

Lire la suite sur : https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts