Nous aimons offrir des jouets éducatifs aux tous petits. Découvrir, révéler la créativité, développer la parole, la lecture ; tout est propice, tout est prétexte à la stimulation des sens de nos chérubins.
Chaque apprentissage est un voyage où seul l’enfant fixe ses propres limites. Qui n’a pas imité le rugissement du lion pour apprendre le son « Gr » ? Les adultes fourmillent de créativité et d’idées quand il s’agit de transmettre leur savoir.
Et l’enfant va mémoriser par associations visuelles ou auditives : le dessin du lion, sa couleur, la sonorité du mot ou même le mime. Nous apprenons en utilisant nos canaux sensoriels.
La pédagogie Montessori se base sur ces principes : dès lors que l’enfant se trouve dans un environnement propice, accompagné par un éducateur qui s’adapte à lui et le stimule, l’enfant apprend par lui-même, à son rythme. Une méthode qui séduit de nombreux adeptes à travers le monde et compte à ce jour plus de 20 000 écoles.

Apprendre

Un apprentissage étriqué
Et pourtant, l’apprentissage par l’expérience, par le jeu, disparaît avec l’entrée en primaire. On entre dans un monde didactique où notre système éducatif vise à transmettre des connaissances (savoir, savoir-faire, compétences) par un formateur dans un cadre précis. Cette pratique impose l’absorption arbitraire de connaissances.
Personnellement je me suis beaucoup ennuyée à l’école. Tous ces contenus répondant à une méthodologie bien préparée mais proposés sous une forme linéaire et dupliquée m’ont démotivés. J’ai souvenir de prises de notes infernales à relire et surtout à tenter d’assimiler.

Favoriser une approche pédagogique cognitive
La pédagogie traditionnelle n’accorde que trop peu d’importance aux mécanismes cognitifs. Des études issues de la neuroscience nourrissent des réflexions sur d’autres méthodes pédagogiques applicables à tous les apprentissages. Des recherches ont montré que la pédagogie dite traditionnelle propose l’opposé de ce qu’aime notre cerveau.
Tony Buzzan développe des concepts puissants en termes d’apprentissage et de mémorisation (SEM3) basées sur les possibilités de notre cerveau droit plus apte aux synthèses visuelles.
Je vous conseille vivement de lire son best seller «Dessine-moi l’intelligence» qui met en lumière les techniques d’associations de notre cerveau, ses préférences et les techniques d’apprentissage basées sur le visuel. Créateur du concept des cartes heuristiques (ou cartes mentales connue sous le nom de Mind Mapping) il propose des outils performants pour l’organisation des idées et la mémorisation.
Cet ennui sur les bancs d’école m’a sans doute permis de m’exprimer dans mon cœur de métier qu’est la formation professionnelle. Depuis 25 ans, je travaille sur la dynamique d’apprentissage pour proposer des offres de formation différentes ou l’apprenant est au centre du dispositif. Précurseurs dans le domaine, nous avons créé des centres de ressources qui visaient à définir des parcours sur-mesure, en toute liberté, (car nous n’avons pas tous les mêmes besoins, ni le même rythme d’apprentissage), puis nous avons implanté et développé l’une des premières plateformes elearning à Lyon.
Plus de 20 000 stagiaires ont pu bénéficier d’une approche pédagogique cognitive, libre et plus ouverte.

L’elearning a véritablement révolutionné la formation continue au cours des 15 dernières années avec l’explosion de l’usage d’internet à partir de la fin des années 90.
Aujourd’hui l’on apprend « où l’on veut quand on veut » : Des contenus très interactifs comme la gamification sont venus enrichir la formation en ligne. Les concepteurs disposent désormais d’une palette d’outils pédagogiques et fonctionnels vastes pour accompagner la mémorisation et l‘appropriation de contenus.

Les limites de l’elearning
La formation à distance répond à des enjeux stratégiques car l’environnement concurrentiel des entreprises évolue très vite et nécessite de nouvelles compétences pour des milliers de collaborateurs. Elle devient incontournable car elle est facile à déployer. Elle répond également à des enjeux financiers car le coût de ces formations est fortement optimisé par rapport aux cours présentiels.
Pourtant, dominée depuis ces dernières années par des éditeurs, l’offre elearning s’est massifiée au détriment de la qualité. Dans certains grands groupes, plusieurs centaines de modules e-learning, rapid learning, remplissent les catalogues de formation, souvent bien éloignés des moyens dont on dispose aujourd’hui pour rendre les modules « digestes ». Des dispositifs bon marché voir très bon marché parfois avec voix de synthèse, à suivre obligatoirement de façon linéaire, un quizz voire une certification, sans tuteur, et sans aucune séquence présentielles ( type blentime for changeded).

Il faut donc redonner une dynamique à l’e-learning et lui ouvrir de nouvelles perspectives pédagogiques…

Notamment avec les plate formes des SPOC qui ré-introduisent la relation humaine et la collaboration entre apprenants et expert. La formation retrouve sa dimension relationnelle comme dans les formations présentielles (travail en groupe, formateur, brainstorming…). Les contenus deviennent courts (10 à 15 minutes par séquence), les visuels sont ludiques, faciles à retenir (beaucoup de vidéos pédagogiques, d’infographie). Chacun peut commenter son expérience, chacun peut compléter le cours par de nouveaux apports (photos, articles, suggestions, commentaires, likes.)
De cette nouvelle dynamique d’apprentissage, l’apprenant devient acteur de sa formation dans une dimension plus humaine et collaborative.

Un processus qui replace l’apprenant au cœur des dispositifs de formation. De nouveaux savoirs s’offrent à lui permettant aux acteurs de la formation de faire évoluer la pédagogie actuelle vers un développement de compétences durables.