Nous n’avons plus aujourd’hui le besoin de démontrer les effets que peut avoir le jeu vidéo sur le cerveau. De nombreuses études et ses usages de plus en plus répandus démontrent son efficacité et l’amélioration de certaines aptitudes cognitives qu’il peut apporter.
Néanmoins, on peut se demander comment fonctionne le cerveau lorsqu’il joue, que cherche-t-il dans un jeu et pourquoi nous aimons cela.

Un allié

Loin l’intention de faire ici un exposé en psychologie ou en médecine neurologique, toujours est-il que certains aspects s’avèrent très intéressants pour mieux comprendre ce en quoi le jeu vidéo, ou plus particulièrement, la gamification en général, s’avère être un véritable allié au développement de notre éducation.

Selon Johan Huizinga(1), l’Homme est défini par trois caractéristiques principales : l’Homo Sapiens, l’Homo Faber et l’Homo Ludens, respectivement, le savoir, la fabrication et le ludique, le dernier étant un élément important au développement culturel de l’être humain.

Stuart Brown(2), quant à lui, nous dit que jouer est vital au même titre que chez certaines espèces animales, comme le rat, pour qui le jeu lui permet de développer son cerveau, le chat, pour qui le jeu le relie socialement ou encore chez le dauphin, l’espèce la plus intelligente qui soit.

Steve Keil(3), quant à lui, proclame que le jeu est inné mais que de plus, il développe notre intelligence et notre créativité.

Pour se développer sans risque

Du point de vue scientifique, le jeu pourrait être vital à notre développement parce que notre cerveau cherche constamment à créer des patrons ou autrement dit des modèles, des structures ou des mécanismes. Julian Alvarez(4), dans ses conférences, illustre ce mécanisme par l’exemple de l’apprentissage à la conduite et qui fait appel à tous nos sens. Au début, ce n’est pas évident car vous devrez apprendre à manipuler la voiture avec vos mains et vos pieds, ensuite viendront s’ajouter les éléments extérieurs comme les panneaux de signalisation, les autres voitures, les piétons,…
Votre cerveau va alors créer un mécanisme pour assembler le tout jusqu’à ce que cela devienne un automatisme sans même devoir y penser. Lorsqu’il aura créé ce pattern, il vous permettra alors d’ajouter de la musique ou encore de parler avec le passager.

Notre cerveau est très gourmand de ces patterns et essaiera d’en créer le plus possible parce que lorsqu’il en crée, il s’en voit récompensé de dopamine, sa nourriture de prédilection qui nous procure joie et euphorie.brain

Des patrons enrichis et progressifs

En cela, le jeu vidéo est exactement créé de la même manière. Non seulement il intègre des fonctions répétitives qui permettent aux joueurs l’assimilation, mais il contient également des difficultés supplémentaires dans chaque niveau qui viendront compléter le pattern créé dans le niveau précédent. L’essentiel étant qu’un niveau ne soit ni trop facile, ni trop difficile ; sans quoi le premier nous fera abandonner par ennui et le second par son infaisabilité.

L’un des critères les plus recommandés dans la création d’un Serious Game est d’intégrer la prise en main et les règles du jeu dans le premier niveau. Non seulement le joueur apprendra à maîtriser le jeu en jouant alors qu’une théorie pourrait le rebuter sans même avoir abordé le jeu en lui-même.

Attention et concentration

Aussi, selon une étude réalisée par le département neurosciences de l’université de Rochester(5), l’attention visuelle se fatigue nettement moins pour un joueur qu’un non joueur ; leur attention est aussi plus développée car le joueur peut percevoir plusieurs objets en même temps lorsqu’il recherche une cible et qu’il permet une plus grande concentration.

En somme, le jeu vidéo répond aux caractéristiques de notre cerveau, ou du moins, répond de près à son fonctionnement. Sans doute la raison pour laquelle il apporte ses avantages en matière d’apprentissage. Dans quelques décennies, ils feront peut-être partie intégrante de notre quotidien éducatif.

Auteur : Yasmine Kasbi  | y.kasbi@cursus.eduSource : http://cursus.edu